Pour lui :
« Monsieur, que diriez-vous d’un voyage sur une île ? »
Pour elle :
« Madame, nous avons d’excellents séjours balnéo-thérapeutique. Cela vous tente ? »
Parfois des passants rétorquaient d’un :
« T’es sûr de ce que tu dis ? » « Satanée machin chose. »

Et oui, il n’y avait aucune erreur, aucun doute possible, et pourtant. La communauté scientifique n’avait jamais voulu reconnaître les bouleversements occasionnés par certains aliments sur l’organisme. Malheureusement le mal étant et les solutions trop tardivement prises, certaines personnes devenaient androgynes. Allez savoir pourquoi ? Difficilement repérable, difficilement détectable. Tant mieux avouaient certains, mais d’autres y voyaient un mal qu’il fallait surtout caché. La peur au ventre d’être pointé du doigt sans pouvoir agir, ni réagir. Ils n’étaient pas reconnus par la société actuelle, encore trop imbue de préjugés insurmontables. Voir un troisième élément intervenir dans la relation homme-femme, même les scénarios de science fiction les plus scabreux n’y avaient pas pensé.

A la sortie de son petit magasin de mode, où elle avait déniché un petit tailleur signé du dernier designer, elle se dirigea vers la borne la plus proche. Une voix douce l’accueillit :

« Bonjour Madame, nous avons des … » Encore ce laïus publicitaire interminable.

Dans ses pensées Gwenaëlle se répétait : « Si au moins elle savait qui j’étais, cette machine ne m’appellerait pas Madame. Mais peu importe, nous voilà partie pour choisir un petit voyage. »

En pianotant sur l’écran tactile, Gwenaëlle découvrit un petit séjour à la montagne. « Sortie d’une semaine, dans les Alpes. Chaque individu, homme ou femme, se retrouve dans un groupe de vingt personnes. Douche sur le palier à l’extérieur des chambres. Prix 1500 Copec. » Petite précision : le Copec avait remplacé le Dollar et l’Euro lors de la dernière restructuration générale. Une fois que le Dollar était descendu à cent pour un vis à vis de l’Euro, l’économie mondiale fut remanié dans tous les sens. Fin de la précision. Pour confirmer son voyage, Gwenaëlle apposa son pouce droit à l’endroit prévu.

C’’était la première fois que Gwenaëlle partirait ainsi en voyage de groupe. Est-ce que cela aura des conséquences ? Bienfaisantes ? Néfastes ? La dernière fois entre amies, l’une d’entre elle avait dit :
« Tu parles, c’est tout pareil, si on regarde bien on te fait croire que c’est différent, c’est du flan. »

Gwenaëlle veut cette fois-ci en avoir le cœur net.