La peur,
Par elodeux, jeudi 29 mai 2008 à 23:46 :: Nouvelles :: #71 :: rss
Je pénètre à nouveau dans l’obscurité. Bien que chaque situation semble différente de la précédente, il arrive parfois de rencontrer quelques mêmes sensations. Obnubilé par le temps, qui coure à cette vitesse inconsidérable. Evidemment une heure de perdue n’est pas rattrapable. Ce qui n’a pu être fait quelques minutes plus tôt devient aussitôt un report. Mais faut-il encore que le temps futur puisse permettre l’exécution de cette action passée, oubliée.
Chaque fois, je me laisse emporter par ce sentiment. Il paralyse mon corps dans un premier temps pour ensuite bloquer les échanges électriques entre neurones. Immobile. Inerte. Mon reflet dans un miroir révèle ainsi un objet sans forme ni vie. Mais à y regarder de plus près une larme coule le long de ma joue. Les yeux ne se plissent plus. Le sourire a disparu. Aucun mouvement n’est possible. Aucune pensée non plus. Difficilement je recouvre la vue. Mon corps se révolte. Mon être s’insurge contre cet immobilisme tortionnaire, me transportant à chaque fois dans les bas fonds de mon enfer. Oui, cet enfer là , que d’autres ont décrit dans plusieurs ouvrages. Mais que connaissent-ils de cette vérité, de cette réalité ? Le conseil prôné par quelques uns d’entre eux : « Reconstruire un monde personnel où tout devient possible. Aucune barrière. Aucun stop. Aucune peur. »
Mais que savent-ils de la peur ? Ils étaient quasiment tous hors sujet. S’il existe bien un moment, où elle disparaît, c’est bien le sommeil. Dans un état semi-conscient se pose-t-on la question du réveil ? Il faut être éveillé pour raisonner de la sorte. Dans la majeur partie du temps découlant de la journée, mais aussi de notre vie, ce sentiment s’amplifie. La mort deviendra-t-elle l’ultime étape de la peur elle-même ? Un cumul trop excessif résulterait ainsi en l’inanition du corps et de l’âme. Et je vous épargne tous les autres pouvoirs, dépendant directement de la peur.
Lequel n’a jamais eu peur de l’autorité parentale ? Et que dire de l’autorité hiérarchique si une tâche est parfois bâclée faute de temps. Et puis, ce face à face conjugal débouchant parfois en de multiples divorces. Ô combien l’homme est dépendant de l’argent, avec la peur le terrassant chaque fin de mois, désirant savoir comment il s’achèvera. Et tous ces objets ou symboles sur le cou, les doigts ou autour des poignets. Dans un sac ou à la maison. Un grigri pour éloigner un mauvais sort. Un cadeau pour ne pas oublier que les amis sont présents. Et que dire du pouvoir du groupe, et la peur de se faire rejeté ? Oublié à tout jamais. Là dans un coin.
Quoiqu’on dise, la peur est présente à tous les stades de notre vie. Elle nous poursuit jusqu’à la mort et bien au delà . Elle continue à hanter ceux qui restent. La peur et la vie unies dès le berceau pour s’achever dans le tombeau. Inséparables. Indissociables.
Chaque mal a son remède. La peur peut s’atténuer afin d’alléger la souffrance. Il faut oser dire aux autres : « J’ai peur ! » En aucun cas avoir peur de la peur. Même si elle est omniprésente. Avec le temps, et un peu d’expérience, elle s’affaiblira dans certains circonstances afin que l’on puisse achever son œuvre.
La peur de la feuille blanche ce sera pour une autre fois.
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