Elodeux : quelques textes d'ici et d'ailleurs

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samedi 19 mai 2007

Aurélien rencontre Bérénice : La vérité

La première fois qu’Aurélien vit Bérénice il la trouva franchement laide. Vraiment la vérité ne sort pas de la bouche des enfants. Oui, d’accord, il était au milieu des bois, mais des formes taillées, sculptées minutieusement par la main de l’homme. Aurélien se trouvait au beau milieu d’un manège avec des chevaux de bois. Comme il avait trouvé un bel étalon, il aurait aimé monter, mais par hasard, il y avait déjà quelqu’un dessus. Aurélien fit semblant de tituber et dans son élan, le cavalier à l’arrêt, vitesse zéro, très éloigné d’un grand galop, tomba de sa monture. Le cavalier était une cavalière, qui partit en pleurant ses mains sur le visage. Fier de sa petite bêtise, Aurélien monta sur le beau cheval en attendant que la promenade débute. Un homme allait appuyer sur un bouton, mais à cet instant un groupe de cow-boys, oui, je sais, c’est pas évident de sortir ce genre de personnage dans une histoire tout à fait véridique, alors, pour que vous puissiez suivre ou comprendre le développement future, je me permet d’ajouter le lieu. Toute l’histoire d’Aurélien et de Bérénice se passait à Disneyland Paris. Et le manège des chevaux de bois est celui qui se trouve derrière le château de la Belle au bois dormant, dès qu’on arrive. Voilà pour le superbe cadre idyllique et romanesque. Rien à voir avec ce qu’il vous a dit. Donc reprenons. Un groupe de cow-boys arrive avec Bérénice toujours en pleurs. Bien évidemment le beau gosse s’était son frère chaussant ses gants de boxe par la même occasion. Il devait avoir quatorze ans alors qu’Aurélien seulement dix.

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Aurélien rencontre Bérénice

La première fois qu’Aurélien vit Bérénice il la trouva franchement laide. Ils avaient fixé le rendez-vous de cette rencontre au jardin du Luxembourg. Depuis la plus infime minute, la plus petite seconde où les regards s’entre choquèrent, d’une intensité si immense qu’un big-bang aurait pu détruire cette petite parcelle de jardin verdoyant d’une étincelle détonante. Il était beau. Elle était laide. Elle faisait un large sourire de satisfaction. Il faisait une de ces têtes. Son unique envie repartir en courant et oublier ce cauchemar. Oui, ce n’était pas possible. Il allait bientôt se réveiller. Et tout à l’heure tout irait mieux. Il se pinça mais rien. La petite Bérénice, cette sorte de sorcière, ne disparaissait pas de son champ de vision. Oui, une sorcière. Ces cheveux roux en désordre. Toute ébouriffée. Son nez, immense. Un tout petit plus long et il ressemblerait aux falaises d’Etretat. Quoique un peu trop de bonté. Les côtes du nord sont encore plus belles. Ne comparons pas l’impossible. Et puis il y avait ses yeux. L’œil gauche avait quelques petits soucis de mécanique organique. Une synapse devait avoir du mal à envoyer le courant électrique nécessaire au bon fonctionnement de l’œil. Toutes les deux minutes il se mettait à clignoter par soubresauts, en complet déphasage avec le droit. Etait-ce un tic, ou le faisait-il exprès ?

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